Le Ramadan: un jeûne aux effets profonds sur le corps et les hormones

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Le Ramadan est bien plus qu’un simple mois de privation alimentaire. Lorsqu’il est bien compris et correctement adapté, le jeûne peut devenir un véritable outil de régulation hormonale, métabolique et digestive. Pourtant, beaucoup de personnes vivent cette période avec fatigue, fringales incontrôlées ou troubles digestifs, simplement parce qu’elles ne savent pas comment accompagner leur corps pendant le jeûne.

Le jeûne du Ramadan agit sur plusieurs mécanismes clés: la gestion de la glycémie, la sensibilité à l’insuline, les hormones thyroïdiennes, le cortisol (hormone du stress) et la santé intestinale. Comprendre ces mécanismes permet non seulement d’éviter les effets négatifs, mais surtout de transformer ce mois en un levier puissant pour améliorer sa santé globale.

Dans cet article, nous allons explorer les bienfaits scientifiques du jeûne sur les hormones et la digestion, tout en te donnant des conseils concrets pour vivre un Ramadan plus équilibré, plus énergétique et plus serein.

1. Résistance à l’insuline : comment le jeûne aide ton métabolisme

La résistance à l’insuline est aujourd’hui l’un des problèmes métaboliques les plus répandus. Elle se manifeste lorsque les cellules répondent moins bien à l’insuline, entraînant une mauvaise utilisation du glucose et favorisant le stockage des graisses, la fatigue et les fringales.

Le jeûne intermittent, et en particulier le jeûne du Ramadan, a montré des effets bénéfiques sur cette résistance. Des études publiées dans le Journal of Nutrition & Metabolism indiquent que le jeûne permet de réduire l’inflammation chronique et d’améliorer la sensibilité à l’insuline. Concrètement, le corps apprend à mieux utiliser ses réserves de glucose et de graisses comme source d’énergie.

Pendant le jeûne, les niveaux d’insuline baissent naturellement. Cette baisse permet aux cellules de « se resensibiliser » à l’insuline, ce qui facilite la combustion des graisses et améliore la stabilité de la glycémie. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes observent une meilleure énergie et moins de fringales après quelques jours de jeûne bien structuré.

Ce que tu peux faire concrètement à l’iftar

Un iftar mal composé peut annuler tous les bénéfices du jeûne. L’objectif est d’éviter les pics de glycémie trop brutaux.

Exemple d’iftar équilibré :

  • 1 datte et de l’eau tiède pour relancer doucement la glycémie
  • Une soupe de légumes ou de lentilles pour les fibres et les protéines
  • Une salade avec avocat et huile d’olive pour ralentir l’absorption du glucose
  • Du poisson ou du poulet grillé pour une protéine de qualité
  • Une petite poignée de noix pour soutenir la régulation glycémique

2. La thyroïde: un équilibre délicat pendant le jeûne

La thyroïde joue un rôle central dans la régulation du métabolisme, de l’énergie et de la température corporelle. Le jeûne influence directement cette glande, notamment via l’insuline et le métabolisme énergétique.

Des études ont montré que la restriction calorique peut améliorer la conversion de la T4 (thyroxine) en T3 (triiodothyronine), la forme active de l’hormone thyroïdienne. Cette conversion est essentielle pour maintenir un bon niveau d’énergie et un métabolisme efficace.

Cependant, le jeûne n’est pas une solution universelle. Chez les personnes souffrant d’hypothyroïdie non traitée ou mal équilibrée, un jeûne trop strict peut accentuer la fatigue, le ralentissement métabolique et la sensation de froid. Le problème n’est pas le jeûne en lui-même, mais un apport nutritionnel insuffisant pendant les fenêtres alimentaires.

Comment protéger ta thyroïde pendant le Ramadan

  • Assure-toi de consommer suffisamment de protéines au suhoor et à l’iftar
  • Intègre des graisses saines pour soutenir la production hormonale
  • Veille à un apport adéquat en iode et en sélénium (fruits de mer, noix du Brésil, sel iodé)

Un jeûne bien structuré doit soutenir la thyroïde, pas l’épuiser.

3. Le cortisol: gérer le stress pour éviter l’épuisement

Le cortisol est souvent perçu comme une hormone négative, alors qu’il est indispensable à la survie. Il aide à mobiliser l’énergie, maintenir la glycémie et répondre au stress. Pendant le jeûne, la production de cortisol augmente légèrement, ce qui est un mécanisme normal.

Le problème apparaît lorsque ce cortisol reste élevé de manière chronique. Une étude de 2011 a montré que le stress prolongé entraîne une surproduction de cortisol, pouvant perturber le système immunitaire, la digestion et l’équilibre hormonal global.

Pendant le Ramadan, le manque de sommeil, la déshydratation et les repas trop lourds peuvent amplifier ce stress hormonal, entraînant fatigue, nervosité et troubles digestifs.

Réduire l’impact du cortisol pendant le jeûne

  • Magnésium: via l’alimentation (amandes, épinards) ou en complément
  • Respiration et relaxation : quelques minutes par jour de respiration profonde ou de méditation
  • Modération à l’iftar : éviter de surcharger l’estomac avec des repas trop riches ou trop rapides

Un jeûne apaisé est bien plus bénéfique qu’un jeûne vécu dans le stress.

4. Digestion et régénération intestinale: un repos bienvenu

Le système digestif est constamment sollicité dans notre mode de vie moderne. Le jeûne permet au tube digestif de se reposer et de se régénérer. Une étude publiée en 2016 dans Cell Metabolism a démontré que le jeûne intermittent favorise la réparation des cellules intestinales et réduit l’inflammation.

En l’absence de digestion continue, le corps peut rediriger son énergie vers la réparation des tissus, l’équilibre du microbiote intestinal et la réduction des inflammations chroniques. Cela explique pourquoi certaines personnes ressentent une amélioration de leur digestion, moins de ballonnements et une meilleure assimilation des nutriments pendant le Ramadan.

Favoriser une digestion optimale

  • Consommer des aliments anti-inflammatoires: légumes, légumineuses, graines
  • Bien s’hydrater entre l’iftar et le suhoor
  • Éviter les excès de sucre et d’aliments ultra-transformés

Le jeûne du Ramadan peut être un outil puissant pour améliorer la santé hormonale et digestive, à condition de respecter les besoins de ton corps. Lorsqu’il est bien adapté, il permet de réguler l’insuline, soutenir la thyroïde, apaiser le stress et améliorer la digestion.

Mais le jeûne n’est pas une épreuve de restriction extrême. C’est un moment d’écoute du corps, d’équilibre et d’intelligence nutritionnelle. En ajustant tes repas, ton hydratation et ton rythme, tu peux transformer ce mois en une véritable opportunité de régénération.

Si tu veux aller plus loin, je t’explique pas à pas comment préparer ton corps, structurer ton alimentation et optimiser ton jeûne pour qu’il devienne un allié durable de ta santé hormonale et digestive lors d’une masterclass en présentiel


1. Intermittent fasting during Ramadan improves insulin sensitivity

Ziaee V, Razaei M, Ahmadinejad Z, et al.
Titre : Intermittent Fasting During Ramadan Improves Insulin Sensitivity and Anthropometric Parameters in Healthy Young Muslim Men
montre une amélioration de la sensibilité à l’insuline et une baisse de la résistance à l’insuline pendant Ramadan.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33786036/


2. Effets de Ramadan sur les hormones gastro-intestinales

Bagheri R, Rashidlamir A, Ashtary-Larky D, Wong A, Alipour M, Motevalli MS, Chebbi A, Laher I, Zouhal H
Titre : Effects of Ramadan Intermittent Fasting on Gut Hormones and Body Composition in Males with Obesity
Étude sur leptine, GLP-1, PYY, CCK et ghrelin pendant Ramadan chez des hommes obèses.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32756479/


3. Revue méta-analytique sur hormones régulant l’appétit

(Auteurs non listés sur PubMed)
Titre : Effects of Ramadan Intermittent Fasting on Hormones Regulating Appetite in Healthy Individuals: A Systematic Review and Meta-Analysis
Revue de 16 études sur ghrelin, leptin, insulin, gastrin, etc. pendant Ramadan.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39842253/


4. Diurnal intermittent fasting et hormones circadiennes

Serin Y, Nilüfer (avec al.)
Titre : Effect of Diurnal Intermittent Fasting during Ramadan on Ghrelin, Leptin, Melatonin, and Cortisol Levels among Overweight and Obese Subjects
👉 Étude observationnelle évaluant leptin, ghrelin, cortisol et mélatonine avant et après Ramadan.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32845924/


5. Ramadan et paramètres endocriniens majeurs

Auteurs non listés dans PubMed
Titre : Impact of Ramadan Fasting on Serum Levels of Major Endocrinology Hormonal and Biochemical Parameters in Healthy Non-Athlete Adults: A Systematic Review and Meta-Analyses
👉 Revue de 35 études examinant cortisol, T3, T4, TSH, et autres hormones pendant Ramadan.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38781203/

Les informations présentées sur ce site n’ont pas pour objectif de se substituer à un traitement ou aux conseils d’un médecin, ou d’un spécialiste et doivent de préférence être envisagés sur des recommandations personnalisées.

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