Métaux lourds: une pollution redoutable

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Métaux lourds

Les métaux lourds tels que le plomb, le mercure et le cadmium sont des éléments chimiques toxiques pour notre organisme. Dans la nature, on les trouve généralement en quantités infimes.

Malheureusement, avec la pollution industrielle et l’agriculture moderne (entre autres), leur présence a nettement augmenté dans notre environnement (eau, air, aliments…) et cela n’est pas sans risque pour notre santé !

Qu’est-ce que les métaux lourds ?

Les métaux lourds sont des éléments métalliques (appartenant à la catégorie « métaux » du tableau périodique) caractérisés par une masse volumique relativement élevée (supérieure à 5 grammes par cm3). On les retrouve dans la nature en faible quantité sous forme de particules fines, c’est pour cela que les scientifiques préfèrent les désigner par : « éléments-traces métalliques » (ETM).

Les propriétés physico-chimiques de ces métaux lourds, notamment leur pouvoir conducteur (de chaleur ou d’électricité), leur solidité et leur malléabilité font qu’ils sont largement utilisés dans divers domaines, en particulier l’industrie et l’orfèvrerie.

En grandes quantités, tous les métaux lourds sont toxiques pour les êtres vivants. Mais certains d’entre eux peuvent entraîner des effets néfastes sur notre organisme même lorsqu’ils sont absorbés en petite quantité, particulièrement le plomb, le mercure et le cadmium.

En revanche, d’autres métaux lourds sont essentiels au bon fonctionnement de notre organisme, à condition d’être présents en quantités infimes. C’est ce qu’on appelle les « oligoéléments » (« oligo » signifiant « petit nombre ») dont les principaux sont le fer, le zinc, le cuivre, le sélénium et le nickel.

Quels sont leurs effets sur notre santé ?

Les effets des métaux lourds sur la santé diffèrent selon le métal en question et la quantité à laquelle il est présent dans notre organisme.

Prenons l’exemple du fer qui est un oligoélément faisant partie des métaux lourds. Ce dernier joue un rôle clé dans la synthèse de l’hémoglobine, une protéine qui permet aux globules rouges de transporter l’oxygène jusqu’aux cellules et tissus de tout notre corps.

Une carence en fer entraîne une diminution de la synthèse d’hémoglobine, et donc un manque d’oxygénation de nos cellules. C’est ce qu’on appelle une anémie ferriprive. Cette pathologie doit être traitée par une supplémentation en fer (médicaments, alimentation riche en fer).

À l’inverse, une surcharge en fer provoque une accumulation de ce métal dans le sang et au niveau de certains organes provoquant leur dysfonctionnement : foie (insuffisance hépatique par cirrhose), reins (insuffisance rénale), cœur (insuffisance cardiaque), pancréas (diabète), peau (changement de pigmentation) …

Autres exemples :

  • Le zinc : en petite quantité, c’est un oligoélément jouant un rôle essentiel dans la stimulation des défenses immunitaires, la préservation de la santé de la peau et la protection contre le vieillissement cellulaire. En revanche, en cas d’excès, le zinc peut provoquer des tremblements, des troubles digestifs et une baisse du taux de bon cholestérol. Il peut également induire une carence en cuivre avec toutes les conséquences de cette dernière.
  • Le cuivre : en quantité idéale, le cuivre contribue au bon fonctionnement du cerveau et au maintien des tissus conjonctifs. En cas d’excès, il entraîne des troubles neurologiques, rénaux et hématologiques pouvant conduire au décès.

À présent, voici les métaux lourds dont la présence est toujours néfaste pour notre santé même en faibles quantités :

Le plomb

L’inhalation ou l’ingestion de plomb, même en faibles quantités, provoque une intoxication (aiguë ou chronique) appelée « saturnisme ».

Contrairement au fer ou autres oligoéléments, le plomb ne possède aucun rôle bénéfique connu chez l’Homme. Sa présence dans l’organisme est toujours le témoin d’une contamination.

Une intoxication au plomb peut entraîner :

  • Chez les adultes : une augmentation du risque des maladies rénales et cardiovasculaires, une hypertension artérielle, des troubles digestifs (douleurs abdominales, anorexie, nausées et/ou vomissements…), une altération de la qualité du sperme et une diminution de la fertilité.
  • Chez les enfants : les enfants sont les plus exposés aux contaminations au plomb et aussi les plus vulnérables. Les effets les plus préoccupants d’une intoxication sont une diminution des performances sensorimotrices et cognitives, un trouble des développements staturo-pondéral et sexuel, une altération du comportement, des troubles auditifs (baisse de l’acuité auditive) …
  • Chez les femmes enceintes : altération du développement du fœtus et perturbation du bon déroulement de la grossesse de manière globale.

Le mercure

L’ingestion de mercure ou l’inhalation de ses vapeurs peut entraîner de nombreux effets nocifs sur notre organisme :

  • Système nerveux : symptômes neurologiques tels que les tremblements, les pertes de mémoire, les insomnies, les céphalées, certains troubles moteurs…
  • Système digestif : douleurs abdominales, diarrhées, nausées, vomissements…
  • Système immunitaire : le mercure peut induire l’apoptose (la mort cellulaire) des cellules immunitaires, ce qui diminue notre résistance aux différentes infections (bactériennes, virales…).
  • Système endocrinien : le mercure est également considéré comme un perturbateur endocrinien. En effet, une exposition prolongée au méthylmercure semble altérer le fonctionnement de l’ensemble du système hormonal. Par exemple, il serait capable de perturber la fonction thyroïdienne en provoquant une réaction auto-immune contre les cellules de la glande thyroïde.
  • Appareil respiratoire : le mercure inhalé peut causer des lésions irréversibles au niveau des voies respiratoires et des poumons. En cas d’exposition importante, la mort peut survenir par insuffisance respiratoire.
  • Appareil urinaire : le mercure entraîne une augmentation du taux de protéines dans les urines pouvant évoluer vers une insuffisance rénale.
  • La peau et les yeux : le contact avec le mercure entraîne des lésions corrosives.

Le cadmium

Le cadmium s’accumule dans différentes parties de l’organisme et peut provoquer :

  • Des troubles digestifs : diarrhées, vomissements, douleurs abdominales…
  • Des problèmes de fertilité.
  • Des perturbations du système nerveux central.
  • Des perturbations du système immunitaire.
  • Une altération de l’ADN et le développement de certains cancers (cancer des voies respiratoires, notamment du poumon chez l’homme, ainsi que de la prostate et du rein).

Où les trouve-t-on ?

Les métaux lourds sont naturellement présents dans l’environnement sous forme de traces (très petites quantités). C’est pour cela qu’on préfère les appeler « éléments-traces métalliques ».

C’est plutôt leur utilisation dans certains secteurs, notamment l’agriculture moderne et l’industrie, qui est responsable d’une contamination massive de l’environnement.

En effet, une fois les particules métalliques rejetées dans l’air, l’eau et le sol, elles sont absorbées par les végétaux. Ces derniers seront par la suite ingérés par les insectes et les animaux qui, à leur tour, seront contaminés.

Les métaux lourds sont difficilement éliminés par les organismes vivants. Ils ont alors tendance à se bioconcentrer chez les derniers maillons de la chaine alimentaire dont l’homme est le premier représentant.

Voici donc quelques sources de contamination aux métaux lourds :

  • Le plomb : on le retrouve dans les aliments tels que les crustacés, les mollusques et coquillages, les poissons, l’eau du robinet, les boissons alcoolisées, mais aussi dans le tabac, les plombages dentaires, certains revêtements et peintures au plomb…
  • Le cadmium : les crustacés, les coquillages, les céréales, le pain et les produits de panification, le tabac…
  • Le mercure : les poissons gras (sardines, saumon, truite…), les coquillages, les crustacés, certains plombages dentaires…
  • L’arsenic : les poissons, les mollusques et crustacés, l’eau en bouteille, le lait…
  • Le chrome : les poissons, le pain et les produits de panification, certains implants médicaux métalliques en chrome…
  • Le cuivre : les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique sont source de cuivre. On retrouve également ce métal dans le tabac.
  • Le zinc (Zn) : le zinc est utilisé dans le domaine industriel pour prolonger la durée de vie de l’acier en le protégeant contre la corrosion. Chez l’Homme, l’excès de zinc résulte généralement de la consommation de produits contenus dans des récipients en zinc (galvanisés), particulièrement les boissons ou aliments acides.
  • Le sélénium (Se) : la principale source de contamination au sélénium est la consommation excessive d’aliments tels que le poisson, le pain, les céréales, les œufs, le lait, ainsi que l’eau du robinet.
  • Le manganèse (Mn) : les grains entiers (riz complet, soja…), les noix, le thé et les légumes frais issus de l’agriculture moderne (utilisation de pesticides au manganèse) peuvent être des sources de contamination au manganèse en cas de consommation excessive. On retrouve également ce métal lourd dans l’eau, le sol et l’air à concentration variables selon la localisation géographique.
  • Le nickel (Ni) : le nickel est présent sous forme de particules fines dans les fumées issues de la combustion du charbon, du fuel et des déchets ménagers. Il est également contenu dans certains bijoux tels que les bagues ou les boucles d’oreilles. Le contact prolongé avec la peau ou les muqueuses peut entraîner des rougeurs, des démangeaisons ou des allergies.

Comment s’en protéger ?

Afin de se protéger des dangers des métaux lourds, il faut déjà éviter la consommation excessive d’aliments qui en contiennent en grandes quantités.

Par exemple, bien qu’ils représentent des aliments aux qualités nutritionnelles exceptionnelles, il convient de ne pas consommer du poisson (ou des fruits de mer) plus de deux à trois fois par semaine afin de diminuer l’ingestion de mercure, de chrome, d’arsenic, de cadmium et de plomb.

Il est également possible de limiter les expositions inutiles aux métaux lourds en évitant le tabagisme, qu’il soit actif ou passif, et en ayant une hygiène dentaire irréprochable afin d’éviter le recours aux plombages source de contamination au mercure ou au plomb, bien qu’il existe aujourd’hui des alternatives moins toxiques.

Les informations présentées sur ce site n’ont pas pour objectif de se substituer à un traitement ou aux conseils d’un médecin, ou d’un spécialiste et doivent de préférence être envisagés sur des recommandations personnalisées.

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