Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : définition et solutions naturelles

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SOPK

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une maladie hormonale extrêmement fréquente chez les femmes en âge de procréer. Il s’agit d’ailleurs de la première cause de trouble de la fertilité féminine. À l’chographie, elle peut se caractériser par des ovaires d’aspect multifolliculaires, c’est-à-dire   de nombreux follicules disposés en couronne dans l’ovaire. Ces follicules ne parviennent pas à maturité, bloquant ainsi l’ovulation. Pour donner une idée un ovaire dit « normal » contient généralement moins de 20 follicules.

À ce jour, il n’existe aucun traitement capable de guérir le SOPK. Sa prise en charge repose donc essentiellement, à côté d’une hygiène de vie saine, sur la prescription de certains médicaments pour lutter contre ses symptômes les plus gênants, notamment la pilosité excessive (hirsutisme), l’acné et la baisse de la fertilité.

Découvrez dans le présent article l’essentiel sur le syndrome des ovaires polykystiques ainsi que des solutions 100 % naturelles pour le gérer de manière plus efficace et sereine.

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : c’est quoi ?

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Le syndrome des ovaires polykystiques, qu’on désigne généralement par « SOPK », est une maladie hormonale d’origine ovarienne et/ou centrale (au niveau du cerveau) caractérisée en générale par une production excessive d’androgènes (hormones mâles), particulièrement la testostérone.

En effet, même chez la femme, il existe une production d’hormones mâles. Mais cette dernière est habituellement infime et n’entraîne aucun trouble au niveau de l’organisme féminin, bien au contraire !

Le taux sanguin de testostérone est donc élevé chez certaines femmes qui sont atteintes de SOPK. Il en résulte trois principaux symptômes d’intensité variable selon la sévérité de la maladie :

Trouble de l’ovulation

Le SOPK entraîne une raréfaction ou une absence d’ovulation (dysovulation ou anovulation). Cela se traduit par des cycles menstruels plus longs (plus de 35 à 40 jours par cycle), voire une aménorrhée, c’est-à-dire disparition complète des règles.

Ces troubles ovulatoires et menstruels sont à l’origine d’une infertilité chez environ 50 % des femmes souffrant de SOPK.

D’ailleurs, le SOPK représente la première cause d’infertilité féminine.

Hyperandrogénie

L’hyperandrogénie, c’est-à-dire la production d’hormones mâles — en particulier la testostérone — en excès se traduit cliniquement par une hyperpilosité (hirsutisme) chez environ 7 femmes sur 10 atteintes de SOPK associée à de l’acné et/ou une chute des cheveux (alopécie).

Syndrome métabolique

Las taux élevés de la testostérone et d’autres hormones androgènes favorisent le dépôt des graisses au niveau de l’abdomen, notamment autour des viscères digestifs.

Cette obésité abdominale est généralement associée à des troubles lipidiques (dyslipidémie), une résistance à l’insuline et une tendance à l’hypertension artérielle. C’est ce qu’on appelle le « syndrome métabolique » ou « syndrome X » qui prédispose à de nombreuses pathologies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et hépatiques.

SOPK : 4 types principaux

D’une manière générale, il est possible de distinguer quatre principaux « types » de SOPK selon le facteur principal qui a participé à leur développement — bien que les différents facteurs soient dans la majorité des cas associés :

Résistance à l’insuline

La résistance à l’insuline ou « insulinorésistance » est retrouvée chez au moins 70 % des femmes présentant un syndrome des ovaires polykystiques. Il s’agit d’une situation où les cellules de l’organisme deviennent moins sensibles à l’action de l’insuline, la seule hormone capable de faire baisser le taux de sucre dans le sang.

Cette insulinorésistance pousse le pancréas à produire toujours plus d’insuline (hyperinsulinisme) pour maintenir une glycémie correcte. Comme conséquence, les taux élevés d’insuline boostent la production d’androgènes par les ovaires, favorisant ainsi le développement d’un SOPK.

Par ailleurs, la résistance à l’insuline fait également partie du syndrome métabolique, un autre facteur intimement lié au SOPK.

Inflammation chronique

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L’inflammation est une réaction physiologique (normale) de notre organisme pour se défendre contre diverses agressions externes (infections virales, bactériennes…), internes (cancers) et réparer ses tissus en cas de lésion. Mais lorsqu’elle persiste dans le temps, elle devient pathologique et favorise le développement de nombreuses affections, notamment le SOPK.

En effet, il a été mis en évidence que les femmes souffrant de SOPK présentaient une inflammation chronique au niveau de leur organisme. Cette dernière est connue pour favoriser l’insulinorésistance et la production excessive d’hormones androgènes, contribuant ainsi au développement d’un SOPK.

Stress chronique

Le stress chronique joue un rôle majeur dans le déclenchement ou l’aggravation d’un syndrome des ovaires polykystiques, car ce dernier est formellement identifié comme un facteur qui favorise l’inflammation chronique et l’insulinorésistance (deux autres mécanismes importants du SOPK).

Par ailleurs, le stress aigu peut également déclencher un SOPK chez certaines femmes. Par exemple, à l’occasion d’un choc émotionnel ou après une grossesse difficile sur le plan psychologique.

Post-pilule

Lorsqu’une femme prend la pilule contraceptive, son organisme reçoit de grandes quantités d’hormones de synthèse (œstrogènes et/ou progestérone) destinées à empêcher une éventuelle grossesse, notamment en bloquant l’ovulation.

En cas d’arrêt de la pilule après de longues années de prise, le corps de la femme peut prendre un certain temps pour retrouver son équilibre hormonal. Il peut notamment entrer dans une phase dite « d’hyperandrogénie », c’est-à-dire produire des androgènes en excès, induisant ainsi un authentique SOPK.

Heureusement, le SOPK post-pilule est généralement transitoire. Il disparaît de manière spontanée (sans aucun traitement) au bout de quelques semaines à quelques mois (entre 3 et 9 mois en moyenne).

SOPK : prise en charge médicale

Il n’existe aucun traitement curatif pour le syndrome des ovaires polykystiques, sa prise en charge est donc uniquement symptomatique, jusqu’à ce qu’il régresse naturellement à la ménopause.

Le traitement peut faire appel à :

  • Une amélioration de l’hygiène de vie.
  • Des médicaments contre l’hirsutisme, l’acné et/ou l’alopécie.
  • Des médicaments hormonaux (anti-androgènes…).
  • Un accompagnement psychologique si nécessaire.

SOPK : l’alimentation occupe une place importante dans la prise en charge

La prise de poids, particulièrement l’obésité abdominale, est en même temps une cause et une conséquence du syndrome des ovaires polykystiques. Il est donc essentiel d’adopter un régime alimentaire sain et équilibré pour prévenir, réduire l’intensité ou éviter l’aggravation de ce trouble endocrinien.

Voici quelques recommandations pour l’alimentation des femmes souffrant de SOPK ou à risque de le développer :

Consommer des aliments riches en fibres

Les fibres, qui se trouvent notamment dans les fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes, sont bénéfiques pour le microbiote intestinal et permettent d’avoir un meilleur équilibre glycémique.

Ce type d’aliments permet de limiter les pics d’hyperglycémie, donc de réduire la sécrétion d’insuline ainsi que celle des androgènes — pour rappel, l’hyperinsulinisme favorise l’hyperandrogénie.

Privilégier les bonnes graisses

Les femmes atteintes de SOPK, étant pour certaines en surpoids ou obèses (syndrome métabolique), sont plus à risque de développer des maladies cardiovasculaires telles que l’infarctus du myocarde (crise cardiaque) et l’accident vasculaire cérébral (AVC).

La consommation d’aliments riches en bonnes graisses, particulièrement les oméga-3, contribue à normaliser les taux sanguins de cholestérol et prévenir l’athérosclérose ainsi que ses conséquences néfastes sur la santé du cœur et des artères chez les femmes atteintes de SOPK.

Parmi les aliments les plus riches en oméga-3, on peut citer l’avocat, le saumon, la sardine, le maquereau, la truite, le jaune d’œuf, l’huile de colza, l’huile de foie de morue…

Consommer des aliments riches en protéines

La consommation d’aliments riches protéines tels que les viandes (maigres de préférence), les œufs, les poissons, les produits laitiers, les légumineuses et les céréales complètes est importante chez les femmes souffrant de SOPK pour leur effet satiétogène (ils favorisent la satiété) et leurs bienfaits sur le contrôle glycémique.

Éviter certains aliments

Il existe trois principales catégories d’aliments à éviter pour réduire le risque de développer un SOPK ou atténuer ses symptômes :

  • Les aliments riches en sucres rapides : éviterlessodas, jus industriels, pâtisseries, viennoiseries… Ils favorisent les pics hyperglycémiques, l’inflammation chronique et la résistance à l’insuline. D’une manière générale, il est recommandé d’opter pour une alimentation IG bas (index glycémique bas) voire moyen et anti-inflammatoire.
  • Les aliments riches en graisses saturées : réduire la consommation de viandes grasses, de charcuteries, d’aliments frits dans l’huile, de « junk food »… Ils favorisent le développement d’athérosclérose (dépôt de graisse au niveau des parois des artères), augmentent l’inflammation dans l’organisme et exposent au risque de maladies cardiovasculaires.
  • Les aliments ultra-transformés : éviter les produits industriels préparés ou surgelés qui sont généralement trop salés, trop sucrés, trop gras et/ou contiennent de nombreux conservateurs ou autres additifs néfastes pour la santé.

Aller plus loin 

Masterclass : comprendre son SOPK et agir, c’est une séance que j’anime via zoom en tant que naturopathie spécialisée dans les troubles hormonaux, où je vous propose des solutions adaptées à votre cas.

SOPK : plantes médicinales et autres solutions naturelles

Voici à présent quelques-uns des remèdes naturels les plus couramment utilisés par les femmes souffrant de SOPK :

Le gattilier

Le gattilier, aussi appelé « poivre des moines » ou « agneau chaste », est une plante médicinale utilisée depuis l’antiquité gréco-romaine pour réduire la libido (désir sexuel) chez les religieux (vertus anaphrodisiaques).

Aujourd’hui, cette plante est surtout utilisée dans le soulagement  du syndrome menstruel et de certains troubles de la fertilité, notamment ceux liés à un SOPK. Attention toutefois, il est contre-indiqué en cas de taux de taux haut de LH (hormone lutéinisante), ( supérieure à la FSH notamment en 1ère partie de cycle)

De plus, grâce à ses vertus anti-inflammatoires, le gattilier peut permettre une amélioration chez les femmes présentant de SOPK en luttant contre l’inflammation chronique qui représente l’une des principales causes de cette pathologie hormonale.

Par ailleurs, le gattilier améliore la fertilité en cas d’hyperprolactinémie (augmentation du taux sanguin de prolactine) — sachant que cette dernière est l’une des principales causes d’infertilité chez les femmes souffrant de SOPK.

La maca

La maca est une plante dite « adaptogène », c’est-à-dire qu’elle aide l’organisme à lutter contre diverses agressions, qu’elles soient physiques ou psychiques. Cette plante est aussi très utilisée dans le traitement de certains troubles sexuels, elle permet notamment de stimuler la libido et d’améliorer la fertilité.

Chez les femmes souffrant de SOPK, la maca contribue à équilibrer l’ensemble du système hormonal. Elle aurait en effet la capacité de réguler le fonctionnement de nombreuses glandes endocrines telles que l’hypothalamus, l’hypophyse (glande pituitaire) et les ovaires, soit l’ensemble de l’axe gonadotrope féminin (ensemble de glandes impliquées dans la production d’hormones sexuelles féminines).

La prise régulière de la maca aide également à réguler le cycle menstruel et augmente les chances de concevoir en équilibrant les taux d’œstrogènes et de progestérone (les deux principales hormones sexuelles féminines).

Le curcuma

Le curcuma est l’un des anti-inflammatoires naturels les plus puissants. Sa consommation régulière sous forme d’épice, d’infusion ou de complément alimentaire (curcumine) permet de lutter contre le SOPK en réduisant efficacement l’inflammation au niveau de l’organisme.

La curcumine est également capable d’aider à  réguler la glycémie, de réduire les pics d’insuline et de baisser les niveaux d’hormones sexuelles mâles. Elle peut donc représenter un soutien naturel efficace contre l’hyperglycémie et l’hyperandrogénie étroitement liées au SOPK.

D’autres solutions naturelles

D’autres remèdes naturels peuvent avoir un effet positif chez les femmes souffrant de SOPK, chacun agissant de manière différente :

  • Le magnésium : ce minéral contribue à l’équilibre glycémique, réduit l’anxiété et le stress.
  • L’huile de nigelle : elle améliore le poids corporel, l’ovulation, la morphologie ovarienne et lutte contre l’acné.
  • Le framboisier : soulage les troubles menstruels, notamment les spasmes mineurs associés aux règles grâce à son action antispasmodique.

Conclusion

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une maladie hormonale qui touche au moins une femme en âge de procréer sur 10. Elle se manifeste par des symptômes tels que l’acné, une pilosité excessive et des troubles de la fertilité.

Son traitement est uniquement symptomatique, faisant généralement appel à des médicaments à base d’hormones pour soulager les symptômes les plus gênants pour la femme.

L’amélioration de l’hygiène de vie, notamment une alimentation saine, une activité physique régulière et une meilleure gestion du stress, est primordiale. Elle permet d’obtenir une amélioration clinique considérable.

Des remèdes naturels comme le gattilier, la maca peuvent être utilisés en complément des traitements conventionnels pour mieux gérer les symptômes du SOPK.

Aller plus loin 

Masterclass : comprendre son SOPK et agir, c’est une séance que j’anime via zoom en tant que naturopathie spécialisée dans les troubles hormonaux, où je vous propose des solutions adaptées à votre cas.

Les informations présentées sur ce site n’ont pas pour objectif de se substituer à un traitement ou aux conseils d’un médecin, ou d’un spécialiste et doivent de préférence être envisagés sur des recommandations personnalisées.

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